Ministère de l'Environnement de l'Assainissement et du Développement Durable
 

MISE EN ŒUVRE DE LA CONTRIBUTION DETERMINEE NATIONALE(CDN) AU MALI

La vingt-et-cinquième  Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) initialement prévue au Chili se déroule actuellement à Madrid en Espagne.

Ce rendez vous annuel sera l’occasion certaine de faire le point sur la mise en œuvre des engageants pris a Paris par les Etats  appelés Contributions Déterminées au niveau National(CDN), qui sont des engagements pris par les Etats Parties eux-mêmes, conformément aux principes fondateurs de la CCNUCC que sont l’équité, les responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives au regard des réalités nationales.

Au Mali, la mise en œuvre de la CDN connait des avancées qui méritent d’être portées à la connaissance des acteurs.

Ce document met en lumière les grands axes de la Politique Nationale de Protection de l’Environnement(PNPE) et retrace  les activités menées  par le point focal national CDN de la vingt-et-unième Conférence des Parties à nos jours.

 

  1. Les grands axes de la politique environnementale au Mali

La Politique Nationale de Protection de l’Environnement (PNPE) est le document de référence en matière d’une gestion durable de l’environnement au Mali. Elle vient d’être approuvée en session du Conseil des Ministres du 13 novembre 2019 après l’actualisation de sa version de 1998.

La PNPE  apporte une réponse aux défis que connait la gestion de l’environnement au Mali avec pour objectif de « Contribuer à la promotion du développement durable et assurer la prise en compte de la dimension environnementale dans toute décision qui touche la conception, la planification, la mise en œuvre et le suivi-évaluation des politiques, programmes et activités de développement ».

Pour atteindre cet objectif, la PNPE a défini  cinq (5) axes majeurs d’intervention qui correspondent  aux cinq (5) programmes couvrant les questions d’environnement au Mali. Il s’agit de :

  • Programme 1 : Gestion des Changements Climatiques
  • Programme 2 : Gestion des Ressources Naturelles
  • Programme 3 : Amélioration du Cadre de Vie
  • Programme 4 : Consolidation des actions environnementales
  • Programme 5 : Promotion du développement durable

Le document de la Politique Nationale de Protection de l’Environnement (PNPE) sera bientôt sur ce site.

  1. Point de la mise en œuvre de la CDN

La vingt-et-unième Conférence des Parties à la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC), qui s’est tenue à Paris, en décembre 2015, a été une étape historique des négociations climatiques, avec l’adoption d’un nouvel Accord international sur le climat. Fruit d’un processus entamé depuis plusieurs années, l’Accord de Paris concrétise l’espoir d’un engagement global des Etats et d’un renforcement des mesures prises pour lutter contre les changements climatiques. Il trace la feuille de route de l’action climatique internationale pour les années à venir, et inclut, pour la première fois, l’ensemble des Parties à la CCNUCC.

La principale innovation résultant de l’Accord de Paris consiste en la mise en place de Contributions Déterminées au niveau National, qui sont des engagements pris par les Etats Parties eux-mêmes, conformément aux principes fondateurs de la CCNUCC que sont l’équité, les responsabilités communes mais différenciées et les capacités respectives au regard des réalités nationales.

En ratifiant, le 23 septembre 2016, ledit Accord, le Mali, bien que considéré comme puits de carbone, a confirmé son engagement à contribuer à l’ambition collective de limiter d’ici la fin du siècle l’augmentation de la température globale de la planète sous la barre de 2°Celsius, voire 1,5°C, par rapport aux niveaux préindustriels.

Avec l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, la mise en œuvre des Contributions Déterminée au niveau National devient une nécessité. Le Mali est fortement résolu à honorer ses engagements à travers des actions dont nous pouvons citer entre autres :

  • La mise en place d’un comité de suivi de la mise en œuvre de la CDN ;
  • Le développement d’une feuille de route regroupant une série de mesures devant permettre de renforcer les institutions dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi et évaluation des CDN ;
  • L’élaboration d’un plan d’investissement devant permettre d’atteindre les objectifs de réduction ;
  • L’élaboration d’une stratégie d’engagement du secteur privé ;
  • Organisation des ateliers d’information, de sensibilisation et d’appropriation sur la CND auprès des acteurs de la société civile, du secteur privé, des collectivités et des parlementaires ;

Par ailleurs, le Mali est également engagée dans la coalition mondiale sur les CDNs, le NDC Partnership, qui regroupe des pays développés, des pays en développement, ainsi que des institutions internationales. Ce partenariat, lancé lors de la COP 22 à Marrakech,  apporte un appui technique et financier au Mali afin de réaliser les objectifs ambitieux inscrits dans sa CDN, ainsi que les objectifs de développements durables (ODDs) qui lui sont liés.

La feuille de route de mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National du Mali s’inscrit en droite ligne de cet engagement. Elle a été élaborée suivant une démarche participative et itérative avec l’implication de toutes les parties prenantes (Etat, secteur privé, société civile, collectivités territoriales, partenaires techniques et financiers). C’est un document évolutif en fonction du contexte des négociations climatiques internationales et de la disponibilité des financements.

La feuille de route de mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National du Mali 2017-2020 est structurée autour des six composantes ci-après :

  • gouvernance ;
  • communication/renforcement de capacités ;
  • adaptation ;
  • atténuation ;
  • MRV/Suivi de la mise en œuvre de la CDN ;
  • financement

Pour le Mali le niveau des ambitions de réduction des GES du scénario d’atténuation par rapport au scénario de base (scénario à l’habitude) du Mali est de 29% pour l’agriculture, 31% pour l’énergie et 21% pour le changement d’utilisation des terres et la foresterie.

En matière d’adaptation, la vision du Mali est de faire de l’économie verte et résiliente aux changements climatiques  une priorité.